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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 09:40
Ou comment ne pas voir les problèmes quand ils se présentent à nous...



Les faits:

- 23 septembre 2008: Fusillade dans un lycée Finlandais
- 11 mars 2009 : la Fusillade de l'Albertville-Realschule à Winnenden (Bade-Wurtemberg), perpétrée par Tim Kretschmer, 17 ans, qui s'est ensuite suicidé, fait 15 morts (9 élèves, 3 enseignantes et 3 passants).
- Le 12 mars: Un lycée de Gagny subit l'assaut d'une vingtaine de jeunes armés

- Le 19 mars: Le principal d'un collège du Val-d'Oise roué de coups et hospitalisé


sans oublier les multiples tueries aux Etats-Unis.

Les réactions aux faits

Réponse habituelle du rectorat: "je ne comprends pas, d'habitude cet établissement est calme"... D'où la manière de faire passer cet incidents grave pour des catastrophes "naturelles" inévitables... Comme si la France était mystérieusement à l'abri de ce qui se passe fans les autres pays. Mieux on encourage la victime à porter plainte. Comme si elle avait été agressée dans la rue ! C'est bien évidemment au Recteur de porter plainte. Mais cela reviendrait à assumer le fait que les problèmes existent.

Dans le meilleurs des cas notre omniprésident vantera le courage de ces principaux devant l'adversité. Sans pour autant remettre en cause les carences criantes de notre système.

Les causes

- Le manque criant d'encadrement adultes dans les établissement collège.
- La faillite du système du collège unique (fabuleuse idée pourtant).
- L'orientation par l'échec dans les lycées professionnels.
- L'absence de sanctions rapides et concrètes envers les fauteurs de trouble qui développe un réel sentiment d'impunité.
- La fin des redoublement et son manque de compréhension par les enfants. (une mesure utile mais si mal comprise...)

Au-delà de ces questions, un autre problème se pose: la place des parents à l'école.
Ségolène Royal avait voulu les associer au collège. L'idée peut paraître louable mais elle se montre aussi parfois dangereuse.  Ainsi comment demander aux parents d'être à la fois juge et partie ? Quand le corps enseignant  estime que l'enfant doit avoir un enseignement adapté ce sont les parents qui doivent l'accepter pour que l'enfant y aille. Qui a les capacité de jugement sur la capacité d'apprentissage de l'enfant ? Devant cet état de fait il est logique que le principal d'un établissement "achète" la paix sociale en favorisant des demandes injustifiées des parents (choix de classe, absence de sanction, choix de professeurs...). De plus le principal va être noté sur son "mérite". En clair, pas de vague, pas de conseil de discipline, encore moins d'exclusion. Donc pas de sanction en clair. Comment s'étonner alors que le recteur s'étonne quand il y a un problème. Un système hypocrite qui tourne en rond sur lui-même. La "faute à pas de chance" se répand à vitesse grand V.

Comment s'étonner alors que certains parents ne supportent plus des décisions et tabassent des principaux quand ils ont eu cette impression de pleins-pouvoirs ? Ils se font rattraper par les évènements plus tard. Et le retour à la réalité fait mal (échec de l'orientation,  violence non canalisée, absentéisme scolaire...)

Vouloir accepter tout le monde à l'école est la base du collège unique. Cette base est renforcée par la loi sur le handicap adoptée en 2005. Mais il faut se donner la capacité d'appliquer cette loi. Comment enseigner correctement dans une classe à près de 30 élèves dont 3 dyslexiques, 2 handicapés, 5 élèves violents ?

Soit on se donne les moyens (baisse du nombre d'élèves par classe, hausse de l'encadrement, mise en place d'un réel suivi psychologique), soit on renonce au collège unique. Mais continuer comme ça est intenable !

A qui profite le crime ? Au secteur privé tout simplement. Acadomia se frotte les mains et se remplit les poches. Cela permet de faire avancer l'idée doucement que l'éducation est un secteur concurrentiel parmi d'autres. L'apparition du site note2be est révélateur de cet état d'esprit. On consomme. Quand les notes sont mauvaises c'est que le prof est mauvais. Le jugement au mérite se fait à la note...




Certains étaient choqués de voir que l'on pouvait acheter les corrections de ses devoirs sur Internet. :( Oboulo, qui vend les dissertations des élèves ( ou les cours des professeurs !) et qui les intéresse à la vente, fichesdelecture.com pour l’analyse et le résumé d’un livre, il existe même des sites spécialisés dans les rapports de stage, sans compter les innombrables sites d’entraide, généralistes  ou spécialisés.)Quelle naïveté ! Comme si les cours particuliers n'étaient pas une concurrence déloyale ! Sachant que seuls les parents imposables peuvent les déduire de leurs impôts. Ou l'art de favoriser le maintient des classes sociales et de casser un peu plus l'ascenceur social.



A noter la sortie d'un film sur ce thème cette semaine: ET CE SOIR SUR ARTE !
Bande annonce


Réalisé par Jean-Paul Lilienfeld

Film belge, français. 

Genre : Comédie dramatique

Durée : 1h 28min. 

Année de production : 2008

Distribué par Rezo Films







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Published by Beaugency webmaster - dans Actualité
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commentaires

Pascal 28/03/2009 19:00


Voici un extrait un peu plus long de la circulaire de 1833, on y parle surtout de la bienveillance que doivent avoir les enseignants envers les parents, et, s'il est question de ne pas céder à de "capricieuses exigences", c'est avant tout pour garantir l'égalité de traitement entre les élèves et ne pas favoriser ceux dont les parents ont plus d'influence. Relisons Guizot : " Les rapports de l’instituteur avec les parents ne peuvent manquer d’être fréquents.
La bienveillance doit y présider : s’il ne possédait la bienveillance des familles, son autorité sur les enfants serait compromise, et le fruit de ses leçons serait perdu pour eux. Il ne saurait donc porter trop de soin et de prudence dans cette sorte de relations. Une intimité légèrement contractée pourrait exposer son indépendance, quelquefois même l’engager dans ces dissensions locales qui désolent souvent les petites communes. En se prêtant avec complaisance aux demandes raisonnables des parents, il se gardera bien de sacrifier à leurs capricieuses exigences ses principes d’éducation et la discipline de son école. Une école doit être l’asile de l’égalité, c’est-à-dire de la justice."

 

 

Beaugency Webmaster 25/03/2009 22:59

Ce n'est pas un procès d'intention fait aux parents bien au contraire. Il n'est pas forcément louable (à mon avis) de faire cadeau du choix aux parents de l'orientation ou du passage de leur enfant à tous les niveaux sauf en 3ème. Comment accepter alors le refus d'orientation à la fin ? Comment comprendre que les règles du jeu ont changé par rapport aux années précédentes ?On ne demande pas à une victime de juger son bourreau dans un procès. Ce serait cruel et un déni de justice. On ne devrait pas à un parent (à mon avis toujours) de juger si son enfant doit aller en Segpa, IME, MFR etc. Laissons ces compétences à ceux qui en sotn aptes. Pas forcément les profs. Mais aux personnes spécialisées dans le domaine.Ou alors on laisse le libre choix du début à la fin de 4 à 16 ans... Mais changer les règles du jeu en cours de route, c'est hypocrite à mon sens.

stéphanie 25/03/2009 22:21

Merci! Et merci aux enseignants d'accepter le rôle des parents. Je ne pense pas que l'on puisse qualifier de "capricieuses exigences" les demandes des parents. Gardons nous bien de les juger; il est parfois si compliqué d'être parent d'adolescents!...

Beaugency Webmaster 22/03/2009 00:21

Hier ? 3 réunion dans la même journée et 5 heures de sommeil après ^^Vivement la retraite

Beaugency webmaster 25/03/2009 13:27


Commentaire de Pascal...





Je suis d’accord sur le constat, mais plus nuancé sur l’analyse.


- Le manque criant d’encadrement adulte dans les établissement collège : le taux d’encadrement n’est pas si médiocre si on fait le ratio entre le
nombre d’élèves et le nombre d’adultes hors personnel administratif (enseignants, surveillant, assistant pédagogique) on doit tourner autour de 1 adulte pour 15 élèves, voire un peu moins
(j’avoue je n’ai pas trouvé de chiffre précis)


- La faillite du collège unique : je suis d’accord, mais ce n’est pas seulement une question de moyens, le problème, à mon sens est ailleurs.
Premièrement, on a conçu le collège comme un « petit lycée », ce qui fait que les élèves qui ne se destinent pas à l’enseignement général du lycée sont devenus des élèves en
difficulté « à orienter » (d’où l’orientation par l’échec vers la filière professionnelle que tu signalais de façon pertinente). Je pense que le collège doit être pensé au contraire comme
le prolongement de l’école primaire, la fin de la scolarité obligatoire. Deuxièmement, « unique » ne veut pas dire « uniforme », l’hétérogénéité
nécessite un tronc commun qui apporte une culture générale commune solide (on tend vers cela avec le socle commun des connaissances) et des enseignements plus spécifiques qui prennent en
compte l’hétérogénéité. Mais, et c’est le troisièmement, la gestion de cette hétérogénéité nécessite une véritable formation des enseignants à la pratique pédagogique différenciée et en
groupes variables, ce qui n’est pas le cas actuellement. Au lieu de ça on empile des dispositifs l’aide aux élèves en difficulté qui n’ont pas une très grande efficacité mais qui coûtent
cher.


- l’absence de sanction rapide : je suis d’accord sur ce point, pas d’éducation sans sanction.- la fin des
redoublements : la dessus, j’aurai un avis un peu différend , outre le coût financier de ce dispositif un redoublement n’est pas toujours utile. Au collège
le redoublement peut être pertinent en 3ème, pour de questions d’orientation, mais dans les petites classes, si l’élève refait ses apprentissages dans les mêmes
conditions, cela suffira-t-il  à combler ses difficultés? J'en doute.


- Concernant le rôle des parents à l’école, déjà en 1833  Guizot rappelait que « En se prêtant avec complaisance aux demandes raisonnables des parents, il (l’instituteur) se gardera bien de sacrifier à leurs capricieuses exigences ses principes
d’éducation et la discipline de son école. Une école doit être l’asile de l’égalité, c’est-à-dire de la justice » Mais n’oublions pas que
l’article L. 111-2 du Code de l’Education (article 1er de la loi du 11 juillet 1975) attribue, dans
l’éducation des enfants, un rôle majeur à la famille. Son premier alinéa dispose en effet que la formation scolaire complète l’action de la famille. Je suis d’accord, il est
difficile d’être juge et partie, mais à moins de changer le Code de l’Education, il faut accepter ce rôle des parents et essayer de les convaincre du bien fondé de nos recommandation
concernant l’orientation d’un élève (le cas d’un enseignement adapté par exemple), et accepter ensuite leur décision.


Pour finir, le problème ne concerne pas seulement les moyens, oserais-je rappeler que le budget du MEN est le premier de France… pouvons mettre en péril
les finances publiques et endetter les générations futures par une augmentation massive de ce budget ? Je pense que non.  


 


 


 






Gabrielle AUDEFROY 21/03/2009 14:50

Beaucoup à dire en effet... A ajouter qu'hier une bande de jeu's essayait une carabine sur une sortie d'école de maternelle... pas de blessés ou presque. Ouf ! Ben oui, c'était pour rigoler... A côté de ça les "nouvelles lois" contre les 222 bandes. Comme dirait l'autre "faire et défaire, c'est travailler". Et "se fiche du monde, c'est quoi".t'étais où hier ?! 6 pârtis politiques dans la joir et la bonne humeur ! Etonnant non ?